L'enquĂȘte a commencĂ© pour notre petit groupe d'investigateurs impĂ©riaux. Suivant les indications de l'adjoint du Daimyo, Ide Fusaaki, les hĂ©ros se renseignent auprĂšs de petits commerçants et des serviteurs du palais avant d'ĂȘtre conviĂ©s par le riche marchand Ide Yujo Ă un dĂźner. Mais dans tous leurs dĂ©placements, ils sont suivis par d'Ă©tranges espionsâŠ
Arrivés chez Ide Yujo, nous sommes accueillis dans une salle étrangement décorée. De mon cÎté, je ne suis plus trop impressionnée par la décoration exotique, mais Niou et Kimiko visitent l'endroit pour la premiÚre fois et ouvrent de grands yeux en observant l'art pictural Gaijin, sans parler des objets étranges décorants la salle d'un peu partout. Cet interlude "découverte" passé, Kimiko nous fait savoir que nous avons à nouveau été suivis, en dépit de nos efforts pour détecter d'éventuels espions. Ide Yujo nous reçoit, mais ne nous apprend finalement pas grand chose de nouveau. Tout au plus prétend-il qu'il pense que Shimura comptait faire son dernier voyage dans les Terres Brûlées, et qu'il a visiblement été tué en chemin puisque Xian est revenu seul.
Nous ressortons de chez lui lĂ©gĂšrement bredouille, quand Kimiko aperçoit de nouveau des espions : un homme et une eta. Celle-ci semble plus proche de nous et j'en profite pour me dĂ©placer vers elle dans la foule. Niou l'interpelle, elle se met Ă courir, nous essayons de la rattraper. Il nous faut braver la boue, la neige et la foule⊠un vrai scandale ! je suis une courtisane, pas un barbare sprinteur ! Quoiqu'il en soit, au bout de quelques minutes de course, je prĂ©fĂšre m'arrĂȘter et rejoindre Ă la marche le quartier des Eta, l'endroit le plus probable pour trouver cette demoiselle. En chemin, Kimiko me rejoint ; elle aussi, elle avait visiblement Ă©tĂ© larguĂ©e. Dans ledit quartier, nous retrouvons Niou, visiblement sous le choc. Il prĂ©tend qu'il a vu une lumiĂšre, et qu'il ne sait pas trop ce qu'il s'est passĂ©. Un Niou fidĂšle Ă lui-mĂȘme... Toujours est-il que la fameuse espionne lui a filĂ© sous le nez ! Ce sont les Eta de l'endroit qui nous fournirons quelques informations sur elle, expliquant qu'il s'agit d'une prostituĂ©e qui a Ă©tĂ© bannie de la citĂ© Ă cause de son comportement Ă©trange. Elle vit dĂ©sormais prĂšs d'une chute d'eau, non loin d'ici. Il n'en fallut pas plus pour nous y rendre. LĂ -bas, Kimiko fait des mines Ă©tranges, mais garde pour elle le gros de ses conclusions. Elle prĂ©vient simplement Niou de ne pas faire de faux pas, que la personne qui rĂ©side ici est visiblement plus importante qu'il n'y paraĂźt. Notre Ă©claireur du clan du crabe s'achoppe ensuite Ă une sorte de muret en pierre, qui semble dissimuler en jardin zen recouvert de neige. Ăa commence Ă s'Ă©claircir.. L'interrogatoire de l'Eta fut des plus concluants. D'entrĂ©e de jeu, elle nous avoua sans dĂ©tour ses "mĂ©faits" et s'Ă©tait dores et dĂ©jĂ prĂ©parĂ©e Ă se faire exĂ©cuter. En vĂ©ritĂ©, elle avait aperçu Shinjo Shimura ĂȘtre mis Ă mort par une bande de brigands qui dissimulent un entrepĂŽt non loin d'ici. Incapable de rĂ©agir, elle dĂ»t assister Ă la scĂšne impuissante, et se contenta d'enterrer la dĂ©pouille mortelle du samurai dans une sĂ©pulture plus ou moins descente, situĂ©e derriĂšre une chute d'eau. Elle nous annonce alors qu'elle est prĂȘte Ă mourir pour avoir refusĂ© de porter secours Ă un samurai en danger, pour avoir souillĂ© son corps et cachĂ© sa mort. Pour ĂȘtre franche, je dirais que cette jeune Eta dĂ©gageait quelque chose de spĂ©cial. Kimiko trouve un moyen juridique de la gracier : si cette Eta avait bĂȘtement combattu jusqu'Ă la mort pour tenter de sauver Shimura, elle serait probablement morte avec lui, et elle n'aurait pas pu nous raconter tous ces Ă©vĂ©nements. Shimura pourra ĂȘtre vengĂ©, et c'est grĂące Ă elle. Elle ne mĂ©rite donc pas la mort, bien au contraire. Mais tous les scorpions le savent : la vie est un bien qui se mĂ©rite, surtout quand on touche Ă des affaires aussi graves que la mort d'un samurai renommĂ©. C'est pourquoi j'exige deux choses de l'Eta - dont le nom est "Ikko" : elle doit d'abord nous mener Ă la sĂ©pulture de Shimura afin qu'on puisse procĂ©der aux rituels classiques d'enterrement, et nous montrer ensuite l'entrepĂŽt de contrebande. Elle s'exĂ©cute, et Xian nous rejoint en chemin. Il fait montre d'une certaine affection pour la jeune femme. Je suppose que les illuminĂ©s et les vieux chevaux gĂątĂ©s ont une sorte de lien spirituel qui nous Ă©chappe... Nous retournons Ă la citĂ©, amenons un jeune prĂȘtre complĂštement perdu dans le "monde des esprits" pour Shimura et prĂ©venons Fusaaki de notre dĂ©couverte. Celui-ci nous envoie alors ses deux gardes du corps (une brute Moto et une vierge de bataille antipathique) pour nous accompagner... et cela me paraĂźt particuliĂšrement suspect. Surtout quand on sait que quelqu'un de puissant est impliquĂ© dans les affaires de contrebande de la citĂ©. ArrivĂ©s sur place, le prĂȘtre fait son office, pendant que je tente d'obtenir quelques informations sur le samurai Moto. Mais comme j'aurais dĂ» le deviner, il est aussi loquace et apathique qu'une carpe. Difficile d'en apprendre plus sur lui dans ces conditions ... ou alors... il n'y a simplement rien Ă apprendre. C'est Ă©galement envisageable.
Quoiqu'il en soit, je finis par lui parler de l'entrepĂŽt. Lui et sa camarade acceptent alors de nous aider dans notre quĂȘte de justice. Niou et Ikko (qui ne s'Ă©tait pas dĂ©voilĂ©e aux deux samurai) partent en Ă©claireur, pendant que Kimiko, le Moto, la Vierge des Batailles et moi suivons leurs traces. ArrivĂ©s au premier signe que Niou a gravĂ© pour nous prĂ©venir de la prĂ©sence d'un groupe d'entitĂ©s hostiles, je pars discrĂštement en avant pour analyser la situation : deux gardes semblent surveiller le "chemin". Leur Ă©quipement est de bonne qualitĂ©, et ils savent probablement se battre. RetournĂ©e en arriĂšre, je tiens notre groupe au courant, mais une impression persistante me fait penser que nos deux compagnons font presque exprĂšs de faire du bruit. Ils doivent sĂ»rement avoir quelque chose Ă cacher... J'essaie de les convaincre de rebrousser chemin, mais la samurai-ko insiste pour continuer. En dernier recours, je lui demande de passer devant, prĂ©textant que Kimiko et moi n'Ă©tions pas formĂ©es pour les escarmouches brutales et sanguinaires. Elle s'exĂ©cute, non sans monter un certain dĂ©dain, et ouvre la marche avec son ami Moto. J'en profite alors pour m'Ă©clipser discrĂštement et tenter d'observer les Ă©vĂ©nements d'un meilleur endroit, pendant que Kimiko s'occupe de guider nos deux chevaux. Malheureusement, les gardes que j'avais repĂ©rĂ©s ont disparu. Qui plus est, le Moto et la Otaku sortent de mon champ de vision pour ne plus rĂ©apparaĂźtre. Kimiko passe par le mĂȘme chemin, et au bout de quelques instants, un sifflement de flĂšche se fait entendre. Je rejoins alors ma camarade courtisane, visiblement prise pour cible par un archer embusquĂ©. Notre plan est simple : Kimiko charge, pendant que je les surprends par derriĂšre. En quelques instants, les deux brigands sont rĂ©duits Ă l'Ă©tat de souvenirs. 4 autres groupes de ce genre nous obstrueront encore le chemin et subiront le mĂȘme destin funeste, Ă l'exception du dernier qui devait servir de "tampon" si jamais les pathĂ©tiques traĂźtres qui ont prĂ©tendu vouloir nous accompagner refaisaient surface - avec de mauvaises intensions. En fin de compte, nous atteignons l'entrĂ©e d'une grotte, de laquelle Niou semble harceler d'autres brigands Ă grand coup de flĂšches. Encore une fois, ils finissent en morceaux, d'autant plus que Niou sait y faire lorsqu'il s'agit de se battre. L'entrepĂŽt hĂ©berge encore trois misĂ©rables brigands, que nous balayons sans trop de mal. Pour bloquer l'accĂšs Ă l'endroit et prĂ©venir ainsi d'hypothĂ©tiques mauvaises surprise, Niou construit un piĂšge de fortune Ă partir des nombreuses armes que nous trouvons sur place. De notre cĂŽtĂ©, Kimiko et moi fouillons l'endroit. Au final, nous dĂ©couvrons une porte dissimulĂ©e qui donne sur une sorte de bureau, dans lequel se trouve un coffre verrouillĂ©, dont Niou fait sauter la sĂ©curitĂ© grĂące Ă un coup de katana bien affĂ»tĂ©. A l'intĂ©rieur se trouvent plusieurs documents :
- d'abord, le journal de Shinjo Shimura, qui contient des accusations relativement nettes sur la personne de Ide Yujo - présumé chef du réseau de contrebande - ainsi que le nom du groupe criminel auquel il appartient - les "Kolat".
- Ensuite, un document crypté qu'il nous est impossible de déchiffrer.
- Enfin⊠un des neufs parchemins noirs ! La propriété de mon clan ! Ce sale scélérat pouilleux l'avait sans doute volé aux miens. On ne vole pas le clan du scorpion sans en subir le courroux.. j'aurais eu grand plaisir de le lui apprendre, si seulement il avait encore été en vie lorsque nous rentrùmes à la cité.
En effet, quelques heures plus tard, un Yari vint couper le cordon du piĂšge de Niou et trois individus vĂȘtus de noir et de rouge font irruption dans l'entrepĂŽt. Je reconnais immĂ©diatement des membres de mon clan - dont Bayushi Yojiro, le cĂ©lĂšbre courtisan qui est Ă la fois illustre grĂące Ă ses prouesses et tristement cĂ©lĂšbre Ă cause de son ridicule attachement au code du Bushido. Apparemment, il enquĂȘtait sur la disparition du parchemin noir, et c'est donc sans tarder que nous le lui remettons. J'observe Ă©galement que Kimiko s'exĂ©cute sans hĂ©siter.. parions que Yojiro lui a tapĂ© dans l'oeil ! Quoiqu'il en soi, le courtisan nous apprend que Ide Yujo a tout rĂ©cemment Ă©tĂ© retrouvĂ© mort. Il a visiblement Ă©tĂ© assassiné⊠et a ainsi Ă©chappĂ© Ă la vengeance des miens. Quelle chance... le Jigoku sera certainement plus agrĂ©able que l'arbre des traĂźtres ! Nous apprenons Ă©galement Ă Yojiro l'histoire de Ikko, en insistant sur son statut d'illuminĂ©e et la bravoure dont elle a fait preuve. Etonnamment, Yojiro accepte de faire fi du droit Rokugani, et offre Ă Ikko une place au sein de mon clan - il se chargera lui-mĂȘme de trouver une excuse valable pour la faire accepter chez les nĂŽtres. Cela dit, je ne suis pas sĂ»re que le clan du scorpion et son raffinement social soit le bon endroit pour une.. illuminĂ©e en phase avec la nature. Nous verrons bien. De toutes façons, je m'en lave les mains ! RetournĂ©s chez Ikko, nous apercevons Xian, allongĂ© dans la neige. Apparemment, il est mort. Son maĂźtre vengĂ©, il n'avait plus aucune raison de vivre. Par respect pour le noble animal, nous lui faisons dresser un petit autel sur place. Notre petit groupe se rend ensuite chez le daimyo de la citĂ©, qui se prĂ©parait paisiblement Ă son dernier voyage. Nous lui faisons un rapport complet, et lui demandons la faveur d'appeler un marchand du clan pour traduire le document codĂ©. Apparemment, il s'agit d'un rapport, affublĂ© d'un Ă©trange organigramme dont nous ne parvenons pas Ă comprendre la signification. La personne qui a rĂ©digĂ© le texte se sent menacĂ©e par la prĂ©sence de Shimura. L'auteur n'est probablement autre que feu Ide Yujo... MĂȘme si Yujo est mort, les "Kolat" semblent dĂ©passer largement le cadre d'un petit rĂ©seau de contrebande. Il y a fort Ă parier que Fusaaki, qui est pour le moment introuvable, est dans le coup. Ou tout du moins ses gardes du corps, dont le comportement Ă©tait plus que suspect lors de notre assaut sur l'entrepĂŽt.
Mais de toutes façons, notre travail à Shiro Kanashimi no Komichi est terminé. Shimura est vengé, et les criminels qu'il traquait ont été mis hors d'état de nuire. Il ne nous reste plus qu'à quitter ces terres hostiles et repartir dans l'Empire, accompagnés par nos nouveaux "collÚgues" du clan du scorpion qui se sont aimablement proposés pour nous escorter. J'espÚre que Mitsumi et moi ne reposerons plus jamais les pieds là -bas !
JOURNAL DE KITSUKI KIMIKO
NB : toute bizarrerie dans la concordance des temps dans le texte qui suit est purement volontaire.
Revenus Ă la capitale, nous devons patienter un jour pour rendre notre rapport au Champion d'Emeraude. Je me demande quelles affaires le retiennent.
Durant mon résumé oral, je parviens à discerner quelques signes d'étonnement chez le champion. Nous collectionnons réguliÚrement le bizarre ces derniers temps et je me vois de plus en plus forcée de séparer les concepts de Loi et de Justice.
Notre prochaine mission consiste Ă nous rendre au sud, sur le territoire du clan du Crabe et Ă nous mettre Ă la disposition d'un magistrat en mission lĂ -bas : Bayushi Yojiro.
NB : aller au onsen dĂšs la fin de ce rapport. J'ai subitement trĂšs chaud et besoin de relĂącher un peu ma tension.
Bref, selon le Champion, un faisceau de coïncidences troublantes a lieu dans cette région. Les statistiques des seppuku et des exécutions, bien que toutes légales, semblent montrer une hausse inexplicable. Le Champion craint l'action de forces occultes et nous envoie secouer les fourrés. Toujours risqué quand on ne sait pas ce qui va en sortir.
Nous partons vers le sud le jour mĂȘme. AprĂšs 4 jours d'un ennui mortel, nous parvenons au col de Benten. Nous faisons un jour de pause avant de franchir le col, pour rĂ©cupĂ©rer du froid et de la fatigue.
NB : Mon sens pratique se heurte de plus en plus Ă la tradition.
JOUR 1
Alors que nous redescendons de l'autre cÎté du col, nous parvenons dans un village. Le daimyo du coin, Doji Tamotsu a été assassiné lors d'une visite d'inspection quelques heures avant notre arrivée. Le magistrat local a l'air d'avoir les choses bien en main et c'est pas notre juridiction. On laisse donc pisser et on repart le lendemain.
NB : je hais les coqs.
JOUR 2
AprĂšs un jour de voyage, on arrive dans un village oĂč on assiste Ă un attroupement. Le daimyo local, Doji Tamotsu vient d'ĂȘtre assassinĂ©. Rapidement, nous rĂ©alisons que ce village ne fait pas que ressembler furieusement au prĂ©cĂ©dent. Non seulement nous sommes revenus dans le mĂȘme village, mais nous y sommes revenus le jour d'avant.
Cette fois, je me mets Ă enquĂȘter. Les Fortunes doivent vouloir qu'on s'en mĂȘle. Les dĂ©positions des gardes de l'escorte et l'enquĂȘte sur le lieu du crime me permettent de reconstituer partiellement la scĂšne. Un tireur Ă l'arc fort adroit a abattu le daimyĂŽ d'une flĂšche dans la gorge. Le tir a Ă©tĂ© effectuĂ© depuis un bĂątiment sur la droite, en avant de la victime. D'aprĂšs mes calculs, la boutique d'un tailleur semble le lieu de tir probable.
Akeshimi-chan et moi décidons de partir tÎt le lendemain matin pour revenir plus tÎt dans l'aprÚs-midi, si possible avant le meurtre.
JOUR 3
Réveillés avant l'aube, nous partons aprÚs que j'aie versé un seau d'eau sur le coq. L'aubergiste ne comprend pas. Sans importance, cet événement n'aura bientÎt jamais eu lieu.
Nous parvenons effectivement à revenir au village une heure avant l'assassinat et nous mettons en position. Le tireur s'avÚre prendre place dans la maison jouxtant celle du tailleur (pas si mal vu les données fragmentaires à ma disposition).
Akeshimi-chan appréhende le futur criminel. C'est un forestier muet, visiblement excellent archer. AprÚs quelques avatars en matiÚre de communication, nous parvenons à dégager les faits suivants.
- Il a reçu un coffret avec 5 koku et un portrait du daimyo. Il n'a donc jamais vu son commanditaire.
- Il ne connaissait pas l'identité de sa cible, juste sa position et son signalement. Il l'a fait pour l'argent.
- Nous convenons de le laisser partir. Techniquement, ce n'est pas encore un criminel.
Les questions Ă ce stade deviennent :
- qui a 5 koku à dépenser ?
- Qui a un mobile pour faire assassiner le daimyĂŽ ?
- Qui connaßt suffisamment bien la région pour avoir recourt à ce forestier ?
- Arriverai-je Ă mettre Yojiro dans mon lit ?
- Pourquoi les otaries jouent-elles au water-polo ?
