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Les Cinq Soleils cover

Les Cinq Soleils

Un groupe de marins excédés embrasse la vie de pirates, alors que leurs comparses hors-la-loi attirent l'attention des puissants gouverneurs du Nouveau Monde.
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Alors que l'Espadon est à quai à Brest, son capitaine, Monsieur de Clichy, invite une partie de son équipage ainsi que quelques précieux invités dans sa demeure. En route vers son manoir, leur carrosse est attaqué par une bande de brigands qui parviennent à blesser grièvement le capitaine ; il n'échappe à la mort que grâce à l'intervention des joueurs. Répartis entre l'équipage et les invités, ils ramènent chez lui le désormais invalide De Clichy. Le temps manque pour mener une enquête approfondie, car le navire doit quitter Brest le lendemain. Un nouveau capitaine est rapidement dépêché pour remplacer De Clichy : Monsieur de Sailly. La frégate a pour mission d'escorter un flûte marchand, la Dame Jeanne, jusqu'à Saint-Domingue.

Dès que le navire quitte Brest, il devient évident pour l'équipage que Monsieur de Sailly est un capitaine peu compétent, bien loin de Monsieur de Clichy et de sa légendaire bienveillance envers ses hommes. Entre-temps, deux des invités, Églantine Gauthier et Rosa Perguaz, quittent le flûte pour rejoindre l'Espadon. Là, la jeune Églantine exige la présence d'un marin pour lui tenir compagnie : elle désigne Kieran pour cette tâche.

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Orest, Jamaiss et Kieran débattent de la suite des opérations. Dans l'espoir de trouver la fameuse cité dont Églantine parle, il s'agit de retrouver des indices permettant de remonter jusqu'aux différents auteurs du parchemin fragmenté - des Espagnols, à priori. Charles Vane a volé une partie du fragment des Gauthier - celle en possession d'Hubert Gauthier, qui se trouvait sur la Dame Jeanne lorsque celle-ci fut attaquée. Néanmoins, ne se sentant pas de taille, nos héroïques forbans préfèrent opter pour l'autre solution - retrouver Mlle De Fontenay - Mme De Cazauban de son vrai nom - la promise du Haut Fonctionnaire espagnol destinataire de la lettre en possession d'Églantine. Une fois encore, Églantine semble avoir une longueur d'avance puisqu'elle a, par hasard, trouvé le fils de Mme De Cazauban - Xabi De Cazauban - lors de l'escale à Brest. Étant lui-même à la recherche de sa mère, il a accepté de rejoindre l'Espadon en discutant avec Églantine, puisque leurs objectifs convergent pour le moment. Néanmoins, il n'a aucune idée d'où sa mère pourrait se trouver à l'heure actuelle. Pendant ce temps, l'Assemblée de l'Espadon décide d'atteindre Basse-Terre - le seul port de la Tortue - afin d'y retrouver Charles Vane. En effet, quelques marins ont entendu dire que celui-ci se trouvait actuellement sur place. À terre, il serait plus facile de lui reprendre le fragment. Proche de sa destination, l'Espadon est accueilli par un tir de semonce dirigé par Mark Read, un membre notoire de l'équipage de Vane, perché au sommet du fortin qui protège le port. Décidant de tourner les talons immédiatement, les Pirates fuient jusqu'à Cayonne, un tout petit "port" passablement méconnu à quelques milles de là. Kieran, Jamaiss et Orest mettent pied à terre et cherchent un moyen d'atteindre Basse-Terre par la jungle. Au lieu d'un guide, ils découvrent un redoutable Capitaine Pirate sans Nom, au tempérament de feu, qui se saoule avec son équipage dans une petite auberge. Leur discussion animée tourne autour d'un piètre Capitaine Pirate - Cosme de Laserna - qui aurait décidé de fuir un navire anglais en dépit de la supériorité de sa Frégate, à proximité d'Anguilla. Son équipage l'aurait alors enchaîné à la barre du navire avant de s'enfuir malgré tout, le laissant aux mains de ses ennemis. L'équipage du Pirate anonyme se dispute pour savoir quelle aurait dû être la réaction des marins pour respecter le Code de la Piraterie. Suite à une indiscrétion de l'aubergiste qui ne considère les pirates que comme une bande de brigands des mers sans éthique, "Sans Nom" s'apprête à arracher les tripes de l'imprudent avant que nos héros n'interviennent et ne calment la situation. En remerciement, l'aubergiste leur révèle qu'il sait que Charles Vane est en bonne relation avec le Gouverneur de Saint-Domingue (par extension, le Gouverneur de la Tortue) et qu'il possède également un repaire sur l'île. Il explique de surcroît que l'idéal, pour atteindre Basse-Terre, serait d'y aller par la Mer, dans de petites chaloupes, discrètes mais bien plus rapides qu'un voyage à pied. Nos pirates se préparent donc pour leur voyage à Basse-Terre, merveille des merveilles du Nouveau Monde aux yeux des forbans.

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Lors de leurs précédentes aventures, l'équipage de l'Espadon - renommé "Fou de Bassan" pour célébrer son passage à la piraterie - avait convenu de traquer Charles Vane à Basse-Terre dans l'espoir de lui reprendre la moitié du fragment du parchemin espagnol censé mener à une cité d'or maya. Pour se faire, et suite à un accueil peu chaleureux sur place, la Frégate avait mis les voiles en direction de Cayonne, un minuscule port situé dans une anse non loin de là. Orest, Jamaiss, Tête-de-Pioche et Kieran avaient ensuite appris qu'il serait plus prudent d'atteindre Basse-Terre par chaloupe, plutôt que de passer par l'intérieur de l'île. Nos marins lancent donc une assemblée bruyante pour déterminer la suite des opérations : il est décidé qu'un groupe d'une quinzaine de volontaires, notamment composé de Jamaiss, Kieran, Orest, Rosa, N'Serengi, Ange et Tête-de-Pioche, se rendra à Basse-Terre pour trouver un moyen d'approcher Vane et de lui subtiliser son bien. Au passage, les nombreux otages pris sur le Fou de Bassan ne sont toujours pas débarqués, nos forbans craignant qu'ils n'éprouvent des problèmes à "écouler leur marchandise" sur place pour le moment. Le plan d'origine est de trouver Vane, et de lui proposer une alliance stratégique. Le Pirate sans Nom prétendait que Vane a pour plan d'attaquer une ville, aussi aura-t-il besoin d'alliés. Le soutien d'une Frégate armée pour la guerre est absolument non-négligeable, aussi cela serait-il un argument de poids pour le convaincre.

Le voyage jusqu'à Basse-Terre se passe sans mal. Les pirates débarquent sur la plage, s'apercevant à leur grande surprise que celle-ci abrite partiellement un établissement : l'auberge à ciel ouvert du "Rat qui pette". Marins, gardes et civils sont étalés le long de la plage, alors que les tables installées dans le sable réunissent les clients encore capables de rester assis sans tomber de leur chaise. Dans la foule, nos pirates remarquent des hommes du Santa Monica, un navire de transport espagnol qu'ils avaient pu remarquer en arrivant dans la rade de Basse-Terre avant de faire demi-tour. Kieran se mêle à eux pour glaner quelques informations générales (et pas vraiment pertinentes) sur les navires actuellement présents au port, pendant que le reste de la troupe constate que les serveuses - noires, pour la plupart - officient également en tant que prostituées pour les clients demandeurs. L'une d'entre elles semble réticente à se laisser aborder par un garde éméché. Alors qu'il est sur le point de la châtier pour son outrecuidance, le malotru croise le regard colérique de Rosa, ce qui a pour effet immédiat de refroidir ses ardeurs vengeresses. Soulagée, Namba - la serveuse - s'assied à la table de ses bienfaiteurs et partage quelques informations plus précises sur les allers et venues de Vane et de son équipage. Apparemment, un homme flamboyant accompagné d'un matelot fin et habile ont été récemment vus dans les environs - on parlerait de Calicot Jack et de Mark Read eux-même. Vane et le Gouverneur seraient actuellement en pourparler, et il est plus probable qu'ils se trouvent au Marin des Sables ou au Chevalier du Boucan, deux autres auberges de Basse-Terre. N'y tenant plus, Jamaiss décide de quitter ses compères pour se rendre au Chevalier du Boucan. Peu après son départ, c'est Rackham et Mark Read qui débarquent à leur tour au Rat qui Pette. Ceux-ci s'assoient à une table, alors que le Quartier-Maître du Revenge interpelle la foule de sa verve naturelle pour recruter de nouveaux marins. À ces mots, Orest craint de se faire remarquer. Il saisit Namba par le bras et l'emmène vers la forêt avoisinante, où les clients de l'auberge et les serveuses s'ébattent loin des regards indiscrets. Notre ami russe, bien que rustre, n'a étrangement aucune envie d'atteindre à l'intégrité de celle que sa camarade vient de sauver ; il souhaite simplement se soustraire à la vue de son anciens Quartier-Maître. Quoiqu'il en soit, après bien des hésitations, Rosa et Kieran décident de tenter leur chance : être intégré à l'équipage de Vane est probablement le meilleur moyen de pouvoir l'approcher. Si la quasi-totalité des marins présents faisait mine de vouloir s'engager de prime abord, les questions inquisitrices et terriblement pointues qu'assène Rackham à chaque prétendant fait vite déguerpir la moitié d'entre eux. Pour ceux qui ont le talent et le courage de survivre à cette épreuve, l'étape suivante consiste à affronter Mark Read dans un duel singulier, sur la table. Officiellement, le combat est à mort. La première personne à oser se présenter est Rosa, qui grimpe sur la table, s'équipe de sa hache et fait mine de se mettre "en garde". Le combat a à peine commencé que d'un geste d'une fluidité incomparable, Mark désarme la terreur espagnole. Fort heureusement pour elle, la mise à mort n'a pas lieu – il ne s'agissait que d'une bravade pour tester le courage des potentielles recrues. Vient alors Kieran qui, intimidé, répond à son tour aux questions de Rackham avant d'affronter Mark. Pourtant, avant de grimper sur la table, Kieran ajoute qu'il fait dores et déjà partie d'un équipage de pirates contrôlant une imposante Frégate armée pour la guerre. Celle-ci est stationnée à l'ouest de Basse-Terre et s'avérerait prête à naviguer de conserve avec les bâtiments de Vane pour s'en prendre à des cibles de plus grande importance. Acquiesçant d'un signe de tête peu intéressé, Rackham suggère alors que le combat commence. Bien que peu habitué aux combats, Kieran parvient à échanger quelques passes d'arme avant que Read ne déclare que « celui-ci est un bon ». Quelque chose d'étrange frappe alors notre rouquin d'Irlandais : Mark Read n'est, semble-t-il, pas seulement un jeune homme fin à la voix aigüe, mais bien une authentique femme, dotée d'attributs typiquement féminins mais plutôt bien dissimulés sous plusieurs couches de vêtements. Satisfaits, Read et Rackham donnent rendez-vous à leurs deux seules nouvelles recrues le lendemain, à l'aube. Des chambres ont été réservées pour la nuit, dans l'auberge du Marin des Sables. Mark ajoute, à voix basse et à destination de Kieran, que « Les lits sont de piètre qualité, on y dort mal, … et c'est tant mieux ». Fiers d'eux, nos matelots regagnent leur table, suivis par Orest qui guettait l'animation de loin.

De son côté, Jamaiss se rend au Chevalier du Boucan. À l'intérieur, il y découvre des hommes de Charles Vane, ainsi qu'un homme fort bien portant, assis seul à une table. À en juger par sa perruque poudrée et ses vêtements de qualité, tout porte à croire qu'il s'agit d'un individu d'importance – peut-être le gouverneur de Saint-Domingue, Monsieur de Chateaumorand en personne. Puisqu'il semble attendre quelqu'un, Jamaiss en déduit que Vane ne tardera pas à se montrer dans les environs. Le médecin caraïbe sort alors de l'auberge et fait le pied de grue pendant un temps, jusqu'à voir arriver non pas Charles Vane, mais Rackham. Celui-ci entre dans l'auberge, s'assied à la table du supposé gouverneur et engage la conversation, ce qui ne manque pas de décevoir Jamaiss qui décide de retourner rapidement au Rat qui Pette. Là, le groupe se concerte : l'initiative surprenante de Kieran et de Rosa chamboule un peu les plans originaux, et aucune trace du capitaine Vane n'a pu être découverte. Toute cette affaire semble mal partie… Ange suggère de retourner au plus vite au Chevalier du Boucan pour tenter d'intercepter ne serait-ce que la fin de la discussion entre Rackham et le gouverneur. Sur place, Kieran, Rosa et lui peuvent entendre les deux hommes discuter au sujet des récents événements concernant l'Espadon. De Chateaumorand semble croire que l'Espadon a sauvagement assassiné son capitaine avant d'envoyer la Dame Jeanne par le fond. Quant à la Goélette à hunier volée qui avait attaqué la Frégate, Rackham prétend là encore que c'est l'équipage de l'Espadon qui a dû faire main-basse sur elle, au grand dam du gouverneur qui s'annonce prêt à tout pour la retrouver, fut-elle encore entière. La partie la plus intéressant de cette conversation concerne les deux navires espagnols qui rôdent dans les environs : selon Rackham, Vane aurait fait appel à un de ses amis – un certain Don Blas Pérez de Sandoval – pour l'aider à traquer les mutins. Loin d'être rassuré, le gouverneur avertit Rackham que Vane a tout intérêt à ne pas se jouer de lui, avant de quitter l'auberge. À l'heure actuelle, toujours aucun signe du redoutable Capitaine pirate.

La nuit étant déjà bien entamée, les forbans du Fou de Bassan devisent. Ils choisissent de se séparer en deux groupes : Rosa et Kieran se rendent à l'auberge du Marin des Sables alors que le reste de l'équipe fait le tour des prostituées du port, dans l'espoir d'y trouver une qui porterait sur elle la marque de Madame de Fontenais. Évidemment, aussi disciplinés que le veut leur réputation, les pirates peinent à avancer sans semer l'un des leurs à chaque drôlesse rencontrée , en dépit des exhortations au sérieux d'Orest et de Jamaiss, qui font décidément office de véritable conscience pour ces fripouilles des mers.

Les choses sont moins joyeuses, du côté des deux recrues de Charles Vane. En arrivant au Marin des Sables, Rosa et Kieran sont immédiatement attirés par un petit bonhomme à l'air candide qui raconte une histoire invraisemblable sur la plume de poulet qui décore le couvre-chef qu'il tient fermement entre ses mains. Apparemment, et pour résumer rapidement, il aurait été envoûté par un sorcier africain, puis exorcisé par son matelot pratiquant du vaudou. Une fois son récit bouclé, le Capitaine Leray – car c'est son nom – ne manque pas de rappeler à toute l'assistance qu'il possède le bâtiment de plus rapide des Caraïbes, et que pour une somme modique, il peut transporter à toute vitesse qui le veut, jusqu'à l'autre bout du Nouveau Monde. Cette introduction fort plaisante est suivie d'un second événement moins drôle : dans un coin de la salle, deux officiers espagnols – appartenant apparemment à l'équipage du Santa Monica – jouent aux cartes contre deux forbans, dont un patibulaire et balafré. Alors que la partie touche à sa fin, ce dernier troue le visage d'un des espagnols d'une balle, puis demande au survivant s'il trichait, lui aussi. Bafouillant quelque chose d'incompréhensible, l'officier n'a pas le temps de finir sa phrase que son nez tombe sur la table, avant d'être rejoint par son visage écrasé par le pirate balafré. Alors que sa victime se vide de son sang devant les yeux d'une foule à moitié indifférente et à moitié timorée, le criminel quitte les lieux sans avoir l'air de se soucier des répercussions de ses actions. C'est sur ces entrefaites que Kieran et Rosa décident à rejoindre leur chambre, un vaste dortoir complètement vide. Exténués, ils se couchent et trouvent rapidement le sommeil. Malheureusement, leur repos est de courte durée : quelques heures plus tard, Rosa est réveillée par des bruits suspects. Apparemment, une vingtaine d'hommes s'infiltre dans le Marin des Sables, suffisamment habiles pour être discrets même en groupe. Ni une, ni deux, Rosa réveille Kieran et saisit une des grenades qu'elle a la ceinture. L'Irlandais, de son côté, vérifie les issues par lesquelles ils pourraient quitter les lieux : la fenêtre semble être la meilleure solution, même si deux hommes sont postés à l'entrée de l'établissement et que la chute pourrait être douloureuse, à moins d'être atténuée par des matelas. Par la porte légèrement entrouverte du dortoir, Rosa parvient à découvrir l'identité des assaillants : il s'agit ni plus, ni moins de Charles Vane en personne, accompagné d'une dizaine d'hommes, dont Mark Read, Jack Rackham et Yeats, le pirate balafré et ancien capitaine du Revenge. Au moment d'ouvrir la porte, Vane somme nos deux pirates de se rendre. Yeats se rend néanmoins compte que Rosa tient une grenade dans la main, et décoche un tir critique qui atteint cependant la cuisse de sa cible. Dans le même mouvement, Rosa jette sa grenade, dont l'explosion disperse des fragments dans tout le premier étage. Si la plupart de ses adversaires parviennent à éviter le gros des dégâts, Yeats est violemment projeté au sol et ne semble pas se relever. Kieran, de son côté, se dépêche de jeter un matelas par la fenêtre et fait mine de vouloir sauter, avant de se rendre compte que Rosa n'y parviendra plus toute seule. Il l'aide alors à passer par la fenêtre, mais reçoit lui aussi une balle dans le dos. Déjà affaibli par son duel contre Read, notre pauvre rouquin s'affale sur le rebord de la fenêtre, à deux doigts de l'inconscience. Il parvient malgré tout à se laisser glisser et atterrit sur Rosa. Nos deux blessés se retrouvent alors à la merci des deux gardes à l'entrée de l'auberge, mais la divine providence – à moins qu'il ne s'agisse d'Icheiricou, comme Jamaiss le suggérerait – veut que le reste du groupe arrive à cet instant précis. Orest, Jamaiss, Tête-de-Pioche, Ange et N'Serengi règlent rapidement le compte des deux agresseurs avant d'aider leurs compagnons blessés à prendre la fuite. Depuis la fenêtre de l'étage, Rackham parviendra néanmoins à trouer l'épaule de Jamaiss d'une balle, mais guère plus. Le groupe fuit à toute vitesse jusqu'à la forêt bordant le port de Basse-Terre. Une demi-heure s'est déjà écoulée depuis l'assaut du Marin des Sables. Des bois, les pirates observent que la chaloupe du Revenge a déjà quitté la rade et qu'elle s'apprête à rejoindre le navire de Vane. Pire encore, à l'horizon pointent déjà les drapeaux espagnols de la Frégate et du Deux-Ponts à la recherche des mutins français. Tout porte à croire que grâce aux indications de Kieran, les navires vont se rendre à Cayonne pour y couler l'Espadon.

Afin de rejoindre leur équipage au plus vite, nos forbans choisissent de faire appel au brave Capitaine Leray et à son bateau rapide comme l'éclair. Le « Mort Doré » - car c'est son nom – les transporte alors jusqu'à Cayonne. Malheureusement, les premiers rayons du soleil révèlent la présence d'un quatrième navire, plus petit et plus rapide : il s'agit de la Goélette à Hunier qui avait agressé l'Espadon à son entrée dans le Nouveau Monde. Fidèle à sa réputation, le Mort Doré prend de vitesse toute cette petite flotte et atteint l'anse de Cayonne en quelques heures. Là, le « commando Basse-Terre » atteint le Fou de Bassan en chaloupe, non sans laisser derrière lui une ardoise de 150 pièces de huit en faveur de Leray. Lorsqu'enfin, l'équipage du Fou de Bassan est alerté de la menace, le navire hisse les voiles et se prépare à quitter la zone, avant d'être intercepté par le « Pélican » - la Goélette à hunier. Celle-ci manœ“uvre de sorte à faire perdre du temps au Fou de Bassan, mais n'est de toute évidence pas un adversaire de poids face à une Frégate armée pour la guerre. Très vite, après avoir essuyé une bordée de boulets ramés, le capitaine du Pélican hisse le drapeau blanc – trop tard pour empêcher le Deux-Ponts et la Frégate espagnole de bloquer l'entrée de l'anse, néanmoins. Le capitaine de la Goélette – un certain Henry Bird – se montre immédiatement de bonne foi : considérant qu'il n'y a pas lieu de se faire torturer pour les beaux yeux de Charles Vane pour qui il ne travaille pas depuis longtemps, le vieux loup de mer délie rapidement sa langue et confie plusieurs informations d'importance sur leurs adversaires. Apparemment, le commandement espagnol a reçu pour ordre de récupérer le contenu du bateau. Par conséquent, le Fou de Bassan n'a pas à craindre d'être coulé, mais risque fort d'être abordé. Qui plus est, Charles Vane était appelé loin de la Tortue, et il ne participera pas à la bataille. Choisissant judicieusement de ne pas mettre l'équipage du Pélican à mort immédiatement, les hommes du capitaine De Vercourt décident d'utiliser leur bonne vieille Frégate comme brûlot pour détruire le Deux-Ponts. Alors que la cargaison est amenée à bord du Pélican, Orest et une poignée de marins restent à bord du navire condamné afin de le diriger vers sa cible et de s'assurer que l'explosion aura un effet véritablement retentissant. Lorsque les Espagnols se rendent compte du subterfuge, il est trop tard pour que le Deux-Ponts esquive le brûlot. Au dernier moment, Orest et ses hommes quittent le navire en yole pour rejoindre le Pélican. Tous versent une petite larme en souvenir du Fou de Bassan qui n'aura décidément pas été appelé ainsi longtemps avant sa mort. Bien que le Deux-Ponts soit en train de brûler, la menace de la Frégate espagnole pèse toujours sur les pirates, peu à l'aise sur un si petit navire. Alors que celle-ci est en train de manœ“uvrer, un minuscule sloop apparaît à l'ouest, non loin des côtes. Si les Espagnols n'y prêtent attention de prime abord, Jamaiss, Orest et Rosa reconnaissent le navire du Pirate Sans Nom. Hissant un pavillon noir sans la moindre décoration, le sloop s'avance à toute allure sur la frégate. Un hurlement démoniaque emplit les environs alors que des bruits d'explosion retentissent jusqu'au Pélican. Quelques minutes plus tard, tout porte à croire que la menace qui pesait sur nos forbans n'est plus : alors que la Goélette quitte l'anse de Cayonne, l'équipage découvre le sloop du Sans Nom complètement vide et choisit de l'investir. En passant à côté de la frégate, les pirates sont saisis par l'odeur du sang et des flammes tandis que Sans Nom les toise passivement du regard sur le bastingage, un sabre souillé dans un main et une tête d'Espagnol dans l'autre. C'est ainsi que les mutins de feu-l'Espadon commirent le premier acte fulgurant qui les fit entrer dans la légende.

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Résumé court

Après avoir échappé à la marine espagnole en sacrifiant leur frégate, les pirates réorganisent leur flotte sous les noms du Corbeau et de la Corneille, intégrant l'équipage d'Henry Byrd et adoptant un nouveau pavillon. Guidés par ce dernier, ils tendent une embuscade à une imposante flûte de guerre anglaise qui, par maladresse, s'échoue sur un récif ; profitant de cette aubaine, les forbans l'abordent avec succès, tuent son capitaine incompétent et s'emparent du navire qu'ils rebaptisent l'Épervier. Forts de cette nouvelle puissance, ils se rendent à la Tortue pour piller le repaire secret de leur ennemi Charles Vane : en s'infiltrant par un tunnel sous-marin, ils éliminent les gardes et découvrent un trésor colossal comprenant des cartes précieuses, des joyaux, et un second fragment mystérieux lié à Cosme de Laserna, relançant ainsi leur quête de la Cité d'Or maya.

Résumé complet

Ayant récemment échappé à un Deux-Ponts et à une Frégate espagnols, nos courageux pirates s'étaient retrouvés entassés sur une Goélette à Hunier et un petit Sloop, leur chère Frégate ayant servi de brûlot pour libérer le passage.

Depuis ce temps, qu'est-il advenu d'Armand Raynal de Maupertuis, ce vaillant Garde Marine qui avait courageusement décidé de se joindre à l'équipage de l'Espadon lors de la mutinerie, mû - cela ne fait aucun doute - par son sens de la justice aigu et sa révolte à l'égard des traitements qu'on infligeait aux marins ? L'homme avait passé le plus clair de son temps dans la chambre du chirurgien, récupérant tant bien que mal de sa redoutable blessure au poignet. Il avait mis à profit ces dernières semaines pour développer ses connaissance nautiques, auprès des quelques marins qui lui rendaient visite. Se sentant désormais apte à reprendre du service, Armand Raynal rejoint officiellement l'équipage pirate et vise le poste de Second, en vertu à sa fière allure et en dépit de son expérience toute relative de la vie en mer.

À la demande de Jamaiss, une assemblée est convoquée pour décider de la suite des opérations. Gwen Lossec ouvre le débat, comme le veut la tradition : que faire de Henry Byrd et de ses hommes, et comment régler le problème de surnombre de l'équipage en sachant que la chasse-partie empêche quiconque de quitter le navire ? Malgré les protestations d'une partie des marins, Byrd est gracié de tout châtiment : ses pirates et lui rejoignent officiellement le Capitaine de Vercourt. Une telle clémence est due au fait qu'il connaît une route marchande relativement fréquentée sur laquelle il serait aisé de prendre un troisième navire à même de contenir cette petite armée pirate. Une question en amenant une autre, le sujet du pavillon noir est également abordé ; Après délibérations, et suite à diverses propositions alambiquées telles qu'un "Muffin" ou "une poupée vaudou transpercée par une rapière", l'équipage se range du côté de Kieran et d'Armand : leur Pavillon Noir représentera un corbeau tenant un Louis d'Or et un Crâne entre ses serres. Par la même occasion, la Goélette à Hunier - appelée jusque là "le Pélican" - est rebaptisée "le Corbeau", et le Sloop anonyme reçoit un nom qui fait frémir tout Français cultivé : "la Corneille".

Ainsi préparés, les forbans mettent les voiles direction Nord-Nord-Est, et atteignent la route décrite par Byrd en quatre jours. Là, ils tombent par chance sur un navire : un minuscule Lougre luttant bout-au-vent. Sachant qu'un tel bâtiment ne pourrait abriter qu'une quarantaine d'hommes et que cela ne serait pas suffisant, le conseil du Corbeau décide de ne pas passer à l'action, au grand dam de François "Tête-de-Pioche" Bichon et de Rosa Pergaz qui cherchaient de l'action. Au lieu de cela, les pirates restent dans les environs une journée de plus, la météo le permettant. Et une fois encore, la chance leur sourit : David Bûcheron détecte, au loin, une imposante Flûte anglaise armée pour la guerre. Malheureusement, celle-ci navigue au Grand Largue, et semble comporter pas moins de 200 âmes. Un nouveau conseil est sollicité, et la discussion est vive : Jamaiss et Tête-de-Pioche bouillent à l'idée de se lancer dans cette grande aventure, Kieran est lui aussi séduit par cette idée, mais Rosa et Églantine se montrent réticentes, pensant que le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Gérard Collin, lui, exige qu'on établisse un plan avant de donner son avis définitif, aussi les membres du conseil devisent-ils d'une stratégie. Il s'avère qu'un récif corallien se trouve à quelques encablures de là et que le vent semble plutôt calme. Partant du principe que le capitaine de la Flûte de guerre a également repéré le récif, et qu'il compte manœuvrer pour l'éviter, les membres du conseil prêts à passer à l'action suggèrent de se rapprocher et de fondre sur l'ennemi au moment où il manœuvrera - le tirant d'eau de la Goélette et du Sloop étant suffisamment faible pour passer par-dessus le récif et ainsi gagner un temps précieux. Afin d'éviter d'être sous le feu des redoutables canons du navire de guerre, l'abordage est préconisé. Et pour s'assurer que les chances soient du côté des pirates, la bordée bâbord du Corbeau est chargée de mitraille, là où la Corneille opte pour des boulets ramés dans l'espoir d'endommager le gréement adverse : il ne faudrait pas qu'il puisse fuir, tout de même ! Une route de secours est également prévue, le cas échéant : la Flûte étant dotée de voiles carrées, remonter le vent lui sera particulièrement difficile puisqu'elle devra virer lof pour lof, là où les deux bâtiments pirates pourront simplement louvoyer en direction du sud-ouest.

Après bien des hésitations, la majorité du conseil accepte de passer à l'assaut. Le Capitaine de Vercourt se lance alors dans une harangue bien sentie pour rassurer les marins effrayés et stimuler la rage guerrière de ceux qui rêvaient d'en découdre. Alors que la recharge des pièces s'effectue et que les deux navires prédateurs se rapprochent de leur cible, la Flute de guerre commet la monumentale bévue de se vautrer lamentablement sur les récifs coralliens. Cet impair s'avérera fatal : revigoré par la bêtise de leur adversaire, les pirates du Corbeau et de la Corneille lâchent deux bordées de mitraille sur la Flute, abattant nombre d'hommes avant de passer à l'abordage. Les moucheurs et Rosa alourdissent à leur tour le tableau, en déversant grenades et balles sur le tillac ennemi. Bien que lourdement équipé, ce navire de guerre semble être commandé par un incompétent : le Capitaine anglais se tient sur la dunette, exhortant ses hommes à rejoindre l'entrepont pour y mener une guerre de siège contre les assaillants. Armand, Jamaiss et Rosa débarquent, accompagnés de quelques hommes. De Maupertuis s'avance et provoque le Capitaine anglais. D'une invite adroite, l'escrimeur semble ouvrir sa garde pour laisser passer le coup de sabre adverse, mais se fend au dernier moment d'une botte de Seconde qui perfore la jambe du Capitaine au niveau de l'aine. L'attaque est si foudroyante que le pauvre Anglais sombre immédiatement, se vidant de son sang à grande vitesse. Sur cette victoire éclatante, Armand Raynal intime l'ordre de se rendre aux quelques marins anglais présents sur la dunette, mais la fièvre guerrière les pousse plutôt à se jeter sur lui de concert. Fort heureusement, l'habile Monsieur de Maupertuis esquive une attaque et rompt la mesure. Jamaiss, souffrant toujours du coup que Rackham lui avait asséné, se contente de décocher une flèche sur un marin pendant que Rosa rate un tir de mousquet et ne parvient pas non plus à atteindre une autre cible avec sa hache. Manifestement fort irritée par le manque de bonne volonté de ses victimes, la furie pousse un rugissement de rage qui retentit au milieu de la mêlée. Nul besoin de comprendre le français ou l'espagnol pour saisir que la dame est en colère, aussi les Anglais lâchent-ils tous leurs armes, d'aucuns tremblant même sur place. Sans état d'âme, les pirates les achèvent, alors que le tillac semble désormais vide de tout adversaire.

La victoire est proche : les pirates blessés sont immédiatement conduits à l'infirmerie du Corbeau, pendant qu'on dresse une planche entre les deux navires pour permettre à Kieran de venir négocier avec les derniers soldats anglais, retranchés dans l'entrepont. Devant la promesse d'être laissés sains et saufs s'ils se rendaient immédiatement, une bonne partie des Anglais acceptent de baisser les armes, mais certains s'offusquent et refusent d'abandonner face à de la vermine. Une petite esclandre éclate alors entre les intégristes et les traîtres, et nos impitoyables pirates nettoient la zone à grands coups de grenades. Au final, c'est une petite cinquantaine d'hommes qui survivront à l'assaut du Corbeau. Après un jugement rapidement expédié, il est décidé de les laisser à bord de la Corneille, préalablement vidée de tout ce qui pouvait être utile aux pirates. C'est grâce à ce tour de force que le Corbeau fera ses adieux à la Corneille, pour accueillir son grand frère "l'Épervier" - nom de baptême de la toute nouvelle Flute de guerre des forbans.

Une fois en possession de deux navires suffisamment grands, les pirates se décident à rejoindre Basse-Terre à nouveau, afin de piller le repaire de Charles Vane sur les bons conseils d'Henry Byrd. Ignorant la proposition d'Églantine, selon laquelle elle pourrait demander au gouverneur de Chateaumorand une faveur pour avoir laissé son père mourir dans une de ses expéditions, Kieran, Jamaiss, Rosa, Armand Raynal et Byrd descendent à terre. Le cambusier en profite alors pour délester une bonne partie de la cargaison du Corbeau et de l'Épervier, retirant un pactole considérable dans l'opération, même une fois les taxes locales déduites. Une fois ceci fait, la petite expédition s'aventure à l'intérieur de l'ÃŽle de la Tortue pendant deux jours, traversant une magnifique forêt exotique avant de terminer son voyage au sommet d'une falaise, de laquelle sont visibles deux imposants piliers rocheux et lisse en contrebas. À en croire Byrd, l'un d'entre eux est creux, et c'est là que Vane aurait entreposé une bonne partie de ses richesses. Apercevant un petit berckois au pied de la falaise, nos pirates en déduisent qu'un chasseur traîne probablement dans les parages. Ils choisissent donc de se cacher, en attendant le retour de l'individu, et lorsque celui-ci arrive au milieu de la nuit, Jamaiss le menace de son arc et fait diversion pendant qu'Armand l'assomme par derrière. Quand le chasseur se réveille, il se montre particulièrement docile et révèle tout ce que les pirates veulent savoir : apparemment, il fait partie d'un petit groupe de gardes envoyés ici par Charles Vane pour veilleur sur son repaire. Afin d'accéder à l'intérieur du rocher, il faut généralement se faire connaître des gardes à l'intérieur pour qu'ils lancent une échelle depuis le promontoire, mais il s'avère également qu'un petit tunnel sous-marin mène à l'intérieur de la structure, pour peu qu'on soit suffisamment fou pour se jeter à l'eau en dépit des requins. Qu'à cela ne tienne : Kieran ramasse le sac de victuailles du chasseur et les jette dans l'eau pour attirer les prédateurs marins, pendant que Jamaiss, Armand Raynal et Rosa plongent à l'eau et s'infiltrent dans le repaire de Vane. Là, ils s'occupent sans mal des trois derniers gardes, puis font monter l'Irlandais à l'intérieur afin de commencer le pillage. Et, ciel, quel pillage ! Charles Vane avait probablement déposé ici tous ses biens les plus précieux : dans un coffre, des armes de bonne qualité. Dans un autre, un journal de bord riche de bien des informations, un mystérieux mouchoir de soie au nom de “H. Emmery”, une surprenante carte des routes commerciales menant et allant à Porto Buello, un nocturlabe, une carte du ciel extrêmement précise, des cartes maritimes à ne plus savoir qu'en faire et des drapeaux de tous les pays d'Europe ! Le troisième coffre regroupe moult joyaux de provenances diverses, et le quatrième cache enfin la seconde partie du fragment espagnol de Rosa et des Gauthier, en sus d'un étrange disque doré serti de turquoises sur lequel est représenté un lapin bleu et d'un médaillon d'une facture similaire. Au registre des objets précieux, deux pistolets de superbe facture et une épée de bois dont le pourtour est décoré de jades aiguisées sont cachées dans un autre coffre, et une cargaison invraisemblable d'Indigo, de Cochenilles, de rhum et d'autres denrées rares ou utilitaires est entassée dans cette vaste grotte naturelle.

Autant dire que les pirates de l'Espadon tiennent là leur vengeance sur Charles Vane !Incapable de transporter tout ça jusqu'à Basse-Terre, l'expédition “Repaire du Requin” dissimule ce qu'elle ne peut emporter dans la forêt avoisinante, afin de s'assurer que leur tortionnaire ne puisse plus jamais en profiter. De retour sur le Corbeau, l'équipage peut fêter ce juste retour des choses pendant qu'Églantine examine le second fragment récupéré : elle savait qu'il s'y trouvait un nom espagnol qui pourrait les aiguiller sur les autres parchemins, mais elle ne pouvait s'en rappeler. Après une rapide inspection, le nom de Cosme de Laserna lui revient enfin. Et il s'avère que ce Cosme de Laserna n'est autre que le pathétique capitaine dont parlait le pirate aux yeux clairs, celui-là même qui fut accroché au gouvernail de son navire lors de l'attaque du HMS Lime. Se pourrait-il que cette piste les mènent vers la Cité d'Or maya ?

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